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Réformes : les Libanais et la communauté internationale demandent la même chose, estime Pierre Duquesne

Pierre Duquesne lors de son intervention, hier, dans le cadre du colloque organisé à Paris par le Forum des experts libanais. Photo A.I. Pierre Duquesne lors de son intervention, hier, dans le cadre du colloque organisé à Paris par le Forum des experts libanais.
COLLOQUE
Le diplomate français chargé par le président Emmanuel Macron du suivi du processus de la conférence de Paris d’avril 2018 (CEDRE), Pierre Duquesne, a souligné hier que ce que demande « l’opinion publique libanaise » en termes de réformes est exactement « identique à ce que demande la communauté internationale ». Le diplomate s’exprimait lors d’un colloque organisé à l’Assemblée nationale, à Paris, par le Forum des experts libanais et intitulé « La crise économique et financière au Liban : quelles solutions pour rétablir la confiance. » Un colloque auquel ont également participé, entre autres, Jean Riachi, PDG de FFA Private Bank, et Riad Obegi, PDG de la banque BEMO.
Pierre Duquesne a ainsi établi un parallèle entre les engagements pris par le Liban lors de la conférence de Paris, notamment l’assainissement des finances publiques ou le renforcement de la lutte contre la corruption et l’évasion fiscale, et les revendications des manifestants qui contestent depuis le 17 octobre la légitimité des dirigeants politiques actuels. Or ces derniers ont pour l’instant échoué à mettre en œuvre ces réformes en contrepartie desquelles les donateurs présents lors de la conférence ont prévu de débloquer plus de 11 milliards de dollars de prêts et dons devant financer la réhabilitation des infrastructures du pays, dont la dette publique flirte avec la barre des 90 milliards de dollars, soit 150 % du PIB en moyenne, l’un des pires ratio du monde.

Des mesures « qui ne coûtent rien »
Le diplomate a en outre souligné que les exigences des membres du Groupe international de soutien au Liban (qui comprend plusieurs pays et organisations internationales) en matière de réforme étaient toujours d’actualité et que « la mise en œuvre des mesures et de projets du programme CEDRE étaient plus urgentes que jamais ». Il a ensuite cité les mesures « sur lesquelles tout le monde est d’accord et qui ne coûtent rien », à savoir l’amélioration de la gouvernance du pays à travers la formation d’un gouvernement « efficace et crédible », ou encore la mise en œuvre du principe de « distanciation » vis-à-vis des conflits régionaux (une référence aux interventions du Hezbollah en Syrie, en marge du conflit qui a éclaté dans ce pays en 2011). Pierre Duquesne a également rappelé la nécessité de « raisonner en termes de programme » en ce qui concerne le choix et la mise en œuvre des réformes et des mesures « de bonne gestion financière », préconisant la création d’un « compte unique du Trésor public » pour renforcer la transparence dans la gestion des comptes. Il s’est néanmoins refusé à commenter le contenu du budget pour 2020 adopté lundi (une fois n’est pas coutume dans le délai prévu pour la Constitution, une première depuis des années).
Le diplomate a enfin insisté sur la nécessité d’activer l’ensemble des autorités de régulation – notamment celle de l’énergie – instituées par la loi libanaise mais qui sont inopérantes faute d’accord politique sur la désignation de leurs membres.Le Forum des experts libanais est une association professionnelle qui se définit comme « apolitique et aconfessionnelle ». Fondée en 2011, elle regroupe plus de 400 membres, principalement des dirigeants d’entreprises venus du Liban.

Biographie de nos intervenants « Me. Georges Hyam MALLAT »

FORUM DES EXPERTS LIBANAIS

 

 
Me. Georges Hyam MALLAT
Associé chez Hyam G. Mallat Law Firm
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Me Georges Mallat est avocat à la Cour, membre au Barreau de Beyrouth.
Il est associé de l’Étude Hyam G. Mallat Law Firm depuis 1997 où il a représenté les clients de l’Étude et y a élargi sa franchise. L’Étude continue une tradition de cinq générations dans le domaine juridique et fournit ses services à des personnes, familles et établissements locaux, régionaux et internationaux, dont des fonds d’investissements et des multinationales. L’Étude a notamment conseillé des organisations internationales telles la Banque Mondiale, l’IFC, l’Union Européenne et le Bureau International du Travail (BIT) concernant les réformes envisageables au niveau du droit des sociétés, des investissements étrangers, du droit de la faillite, du droit de l’environnement et du droit du travail et de la sécurité sociale au Liban.
Auteur de plusieurs articles et interviews sur les stations radio, il est intervenu dans nombre de conférences au Liban et en France.
Il détient une licence en droit public et un LL.M en droit des affaires de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, un B.S. en Business Management de la ‘Lebanese American University’, un diplôme en Droit et Informatique de Montpellier I, un diplôme en Droit de l’Environnement de l’Université de Limoges et un diplôme en ‘US laws and International Business’ de l’Université George Washington.